Pancréas artificiel

Une nouvelle étape dans le développement d’un pancréas artificiel.

L’objectif de nombreuses équipes de recherche est de développer un système en boucle fermé, permettant l’administration d’insuline de façon automatisée grâce à l’association de trois systèmes :

un système d’enregistrement de la concentration de glucose en continu, une pompe à insuline, un système qui reçoit les données, les analyse selon des algorithmes spécifiques et transmets les informations à la pompe à insuline pour adapter l’administration d’insuline.

Parmi les différents systèmes développés ou en cours de développement, Diabeloop a été mis au point par le Ceritd (Centre d’études et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète), en partenariat un institut dépendant du CEA.

L’idée du projet est un système qui serait en permanence sous la main du patient mais aussi sous l’oeil des équipes médicales et d’un centre de suivi 24h/24, 7j/7.

Le système

Diabeloop est un dispositif de pancréas artificiel constitué d’une pompe à insuline placée sur le bras (sans tubulure), d’un capteur inséré sous la peau au niveau de l’abdomen, qui transmet, via une connection Bluetooth, ces informations à un smartphone. Les algorithmes intègrent les données issues du capteur de glucose et des informations entrées par le patient dans le smartphone (anticipation de la prise d’un repas ou de la pratique d’une activité physique) pour, renvoyer les informations vers la pompe à insuline et définir ainsi la quantité d’insuline à administrer. Une autre fonction est intégrée au smartphone : l’envoie des données en permanence à un service de télémédecine spécialisé (infirmiers experts du diabète) pour intervenir à tout moment si besoin, et en lien avec le diabétologue.

L’état d’avancement du projet

Le projet a démarré en 2011, et un prototype a passé avec succès, en 2014, des études cliniques sur 35 personnes. L’étape suivante : démarrage en mars 2016 d’essais auprès d’une quarantaine de patients qui vont tester le dispositif trois jours d’affilée à l’hôpital. Dix hôpitaux français vont participer à cette phase du projet. Ensuite, les essais dans la «vraie vie»se poursuivront. Si ces tests, qui vont se poursuivre dans 10 autres CHU français sont concluants, le système pourrait être commercialisé fin 2017.

Histoire à suivre…. De très près.

Pour plus d’informations : www.diabeloop.fr

Glucagon nasal : une nouvelle étude en pédiatrie

« Du glucagon par voie nasale pour traiter les hypoglycémies sévères ? »

Lors de la survenue d’une hypoglycémie sévère, le seul traitement actuellement disponible, hors d’un contexte hospitalier, est l’injection intramusculaire de glucagon. Il nécessite de reconstituer dans l’urgence une solution à partir de la poudre et du soluté.

En février 2016, une publication a fait état d’une étude nord-américaine réalisée chez 77 adultes ayant un diabète de type 1 (DT1) qui a permis de comparer les effets de glucagon intramusculaire à une nouvelle modalité d’administration du glucagon : la voie intranasale (cf revue 01-2016).

Une  nouvelle étude multicentrique a inclus 48 enfants et adolescents (4-17 ans) DT1. L’objectif était d’évaluer la sécurité de ce nouveau médicament et de déterminer la dose la mieux adaptée pour une efficacité optimale. Les plus jeunes (de 4 à 11 ans) ont reçu 2 ou 3 mg de glucagon par voie nasale, ou une dose unique de glucagon calculée sur le poids par voie intramusculaire. Les enfants âgés de 12 à 17 ans ont reçu 1 mg de glucagon par voie intramusculaire ou 3 mg par voie nasale. Ces administrations avaient lieu lors d’hypoglycémie.

Au total, les injections du glucagon en intramusculaire et en intranasal ont toutes permis de faire remonter la glycémie (en, moyenne de 25 mg/dl en 20 minutes). En termes d’effets secondaires, des nausées transitoires avec les injections en intramusculaire ont été plus importantes qu’avec la voie intranasale (67 % versus 42 % ; p = 0,05). L’efficacité et l’acceptabilité du glucagon nasal aux doses de 2 et 3 mg se sont avérées indépendantes de l’âge. Les résultats de cette étude sont donc encourageants, autant au niveau de l’efficacité, de la sécurité d’utilisation que de l’acceptation du traitement (moins d’effet secondaire). Attendons les études de phase II qui nous l’espérons seront rapidement mises en œuvre.

Référence : Sherr JL et coll. : Glucagon Nasal Powder: A Promising Alternative to Intramuscular Glucagon in Youth With Type 1 Diabetes. Diabetes Care, 2016; 39: 555-62

Le système Minimed 670G

Le système Minimed 670G ajuste de façon autonome et automatique le débit d’insuline de façon à prévenir les hypoglycémies et les hyperglycémies. Il faut lui indiquer les glucides ingérés au moment des repas et également calibrer le système 2 fois par jour. Ensuite grâce à l’algorithme prédictif, l’ajustement des quantités d’insuline se fait de façon automatique. Il s’agit de la première boucle fermée hybride disponible pour les patients atteints de diabète.

Ce système est disponible aux Etats-Unis depuis Juin 2017. Les résultats de la première étude*montrent une réduction de l’HbA1c de 7.7±0.8% à 7.1±0.6% chez les adolescents ainsi qu’une progression du temps passé dans la plage cible 71-180mg/dl (72.2% d temps) et ce, sans aucun évènement d’hypoglycémie sévère ou d’acidocétose sur plus de 12 000 patients-jours d’utilisation du système.

Le système Minimed 670G est actuellement en attente de marquage CE. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site internet (en anglais) : https://www.medtronicdiabetes.com/products/minimed-670g-insulin-pump-system

*Gard et al. Glucose Outcomes with the In-Home Use of a Hybrid  Closed-Loop Insulin Delivery System in Adolescents and Adults with type 1 Diabetes. DTT 2017.