Le diabète de type 1 de l’enfant est une maladie auto-immune. Le système immunitaire détruit les cellules β du pancréas, qui produisent l’insuline. Au début du diabète, on trouve dans le sang des anticorps contre les cellules β des îlots de Langerhans.

Chez les enfants qui ont un diabète de type 1, et dans leur famille, on retrouve plus fréquemment que dans l’ensemble de la population d’autres maladies auto-immunes et des anticorps contre d’autres organes.

Diabète et maladies-auto-immunes

Les maladies

Les maladies les plus fréquentes concernent :

  • La thyroïde : thyroïdite (défaut de fonctionnement de la glande thyroïde)
  • L’intestin : intolérance au gluten ou maladie coeliaque (défaut d’absorption intestinale lié à une intolérance au gluten).

Plus rarement :

  • La peau : vitiligo (dépigmentation de la peau en plaques blanches)
  • Les cheveux : alopécie (chute des cheveux et autres poils)
  • Les surrénales : insuffisance surrénale (défaut de fonctionnement de la glande surrénale)
  • La parathyroïde : hypoparathyroïdie (défaut de fonctionnement de la glande parathyroïde)
  • L’estomac : anémie de Biermer (anémie par carence en vitamine B12, secondaire à un défaut d’absorption intestinale de facteur intrinsèque lié à une maladie auto-immune de l’estomac)

Fréquence des associations

Fréquence de la thyroïdite

Des anticorps antithyroïde, témoins de la thyroïdite auto-immune, sont présents chez 10 à 20 % des jeunes qui ont un diabète de type 1 :

  • Beaucoup plus fréquemment chez les filles que chez les garçons ;
  • Avec une fréquence qui augmente avec l’âge (jusqu’à environ 25 % chez les filles après la puberté).

Une hypothyroïdie (insuffisance de fonctionnement de la glande thyroïde) due à la thyroïdite auto-immune se produit chez 3 à 8 % des enfants et adolescents qui ont un diabète de type 1.

Une hyperthyroïdie (excès de fonctionnement de la glande thyroïde) due à la thyroïdite auto-immune est beaucoup plus rarement associée au diabète de type 1 (bien que plus fréquente que dans l’ensemble de la population) .

Fréquence de l’intolérence au gluten (ou maladie coeliaque)

La fréquence de la maladie coeliaque est de 1 à 10 % environ chez les enfants et les adolescents qui ont un diabète de type 1, ce qui est environ 10 fois plus que dans l’ensemble de la population.

La maladie coeliaque peut se manifester chez le jeune enfant, l’adolescent et l’adulte. Elle est plus fréquente chez les enfants qui ont un diabète dans les premières années de vie.

Diabète et thyroïde

La thyroïde

La thyroïde est une glande située au bas de la face antérieure du cou. Elle fabrique les hormones thyroïdiennes : la thyroxine (ou FT4) la 3 iodo-thyronine ou (FT3).

Ces hormones agissent en de nombreux endroits de l’organisme, ce qui leur donne plusieurs rôles :

  • Maintenir la température du corps.
  • Contrôler la façon dont l’organisme dépense l’énergie.
  • Agir sur les muscles.

Une autre glande, l’hypophyse, située à la base du cerveau, sécrète l’hormone stimulante de la thyroïde, la TSH (Thyroïd Stimulating Hormone), qui stimule la production des hormones thyroïdiennes.

Quand les hormones thyroïdiennes sont produites en quantité suffisante, elles freinent à leur tour la sécrétion de TSH. Ainsi, il existe un équilibre permanent entre la TSH et les hormones thyroïdiennes.

Si la concentration d’hormones thyroïdiennes dans le sang est trop basse (hypothyroïdie), la concentration de TSH dans le sang augmente. Si la concentration d’hormones thyroïdiennes dans le sang est trop élevée (hyperthyroïdie) la concentration de TSH dans le sang diminue.

Glande : Organe dont la fonction est de produire une sécrétion.

Hormone : Substance chimique fabriquée et sécrétée par un organe (glande endocrine), et transportée par le sang pour agir sur un autre organe : le stimuler ou le freiner.

La thyroïdite auto-immune

Anticorps positifs, thyroïde normale

Le plus souvent, alors que les anticorps antithyroïde sont positifs, la thyroïde continue à fonctionner normalement :

  • Les hormones thyroïdiennes et la TSH sont à des taux normaux.
  • Il n’ y a pas besoin de traitement.
  • Une surveillance est nécessaire, au moins une fois par an.

Hypothyroïdie

Le plus souvent, l’hypothyroïdie est diagnostiquée par le dépistage systématique :

  • Anticorps antithyroïde (simple prise de sang) positifs : anticorps antithyroglobuline et antithyroperoxydase
  • Taux élevé de TSH ;
  • Hormones thyroïdiennes de taux normal ou bas.

Parfois, on peut avoir certains des signes d’hypothyroïdie :

  • fatigue, sommeil excessif, prise de poids, frilosité, constipation, ralentissement de la croissance, chute des cheveux ;
  • discret ralentissement du rythme cardiaque ;
  • goitre : augmentation du volume de la thyroïde qui peut être visible ou palpable à la face antérieure du cou.

L’équilibre glycémique n’est généralement pas affecté.

Les hormones thyroïdiennes (L-thyroxine) se donnent une fois par jour, sous forme de comprimés ou de gouttes. Avec ce traitement, les taux sanguins d’hormones thyroïdiennes et la TSH sont normalisés en environ 6 semaines. Des contrôles réguliers, tous les 3 à 6 mois, sont nécessaires pour adapter la dose thérapeutique. Le traitement est en général poursuivi à vie, mais il est très simple.

Hyperthyroïdie (Maladie de Basedow)

L’hyperactivité de la glande thyroïde est beaucoup plus rare. Elle peut se manifester par les signes suivants :

  • agitation, insomnie, perte de poids, accélération du rythme du cœur, sueurs, impression d’avoir chaud ;
  • signes oculaires, goitre ;
  • hormones thyroïdiennes à des taux élevés, et TSH basse ;
  • anticorps antirécepteurs de la TSH positifs.

Le traitement sous forme de comprimés, 1 à 3 fois par jour, freine le fonctionnement de la thyroïde et normalise les hormones thyroïdiennes en quelques semaines. Des contrôles réguliers sont nécessaires, tous les mois puis tous les trois mois. Ce traitement est en général donné pendant plusieurs années.

Dépistage

L’association assez fréquente de la thyroïdite et du diabète de type 1, et la fréquence des formes silencieuses de la thyroïdite, justifient son dépistage :

  • par la recherche des anticorps spécifiques ;
  • au moment du diagnostic du diabète de type 1, puis tous les 1-2 ans ;
  • ou en présence de symptômes évocateurs d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie.

Diabète et intolérance au gluten ou maladie coeliaque

Qu’est-ce que l’intolérance au gluten ou maladie coeliaque ?

La fonction de l’intestin est de digérer puis absorber les aliments, pour les faire passer dans la circulation sanguine qui les distribue à l’organisme. La paroi interne de l’intestin (la muqueuse) forme des replis, les villosités, qui offrent une très grande surface pour l’absorption.

La maladie coeliaque est due à la destruction des villosités de l’intestin grêle (atrophie villositaire), ce qui diminue de façon importante l’absorption des aliments. Cette destruction des villosités est due à une réaction auto-immune au gluten.

Le gluten est la fraction protéique (élastique) du blé (froment, épeautre, kamut). On le trouve aussi dans les aliments auxquels sont ajoutés de la farine ou de l’amidon de blé.

Certaines protéines du gluten sont responsables de la réaction auto-immune, en particulier les gliadines.

L’orge et le seigle contiennent des protéines analogues à la gliadine (hordéines, sécalines) qui sont aussi toxiques. Les aliments composés par ces céréales ou par leurs dérivés (farines, amidons, flocons, pain, biscuits, gâteaux) sont aussi délétères.

Le riz, le soja, le maïs, la pomme de terre et le sarrazin ne contiennent pas de gliadines, et ne sont donc pas toxiques.

Les personnes ayant une intolérance au gluten ne peuvent pas consommer les aliments qui en contiennent.

Comment diagnostiquer l’intolérance au gluten ou maladie coeliaque ?

Chez l’enfant et l’adolescent ayant un diabète, l’intolérance au gluten est souvent diagnostiquée par un dépistage systématique, en l’absence de tout symptôme. (On parle alors de maladie silencieuse.)

L’intolérance au gluten est recherchée en présence de certains symptômes :

  • ralentissement de la croissance ;
  • diarrhée, ballonnement abdominal, perte d’appétit, vomissements ;
  • parfois, hypoglycémies inexpliquées ;
  • anémie (malabsorption du fer), ostéoporose (malabsorption du calcium). (On parle de maladie coeliaque active.).

Le diagnostic repose sur la présence dans le sang d’anticorps spécifiques, l’existence d’une atrophie villositaire à la biopsie intestinale et la disparition des symptômes et la normalisation des anticorps sous régime excluant le gluten.

L’association relativement fréquente de l’intolérance au gluten et du diabète de type 1, et la fréquence des formes silencieuses de l’intolérance au gluten, justifient le dépistage de l’intolérance au gluten par la recherche des anticorps spécifiques (anti-endomysium, anti-transglutaminase), au moment du diagnostic du diabète de type 1. Le dépistage est ensuite répété tous les 1-2 ans, en particulier pendant les premières années après le diagnostic du diabète, ou en présence de symptômes évocateurs de la maladie coeliaque.

La biopsie intestinale est effectuée au cours d’une fibroscopie oesogastroduodénale, examen qui consiste à faire passer par la bouche un endoscope souple puis à pratiquer des prélèvements de la muqueuse de l’intestin à l’aide d’une petite pince métallique (biopsie).

La biopsie intestinale est l’examen clé, indispensable au diagnostic, sans lequel on ne débute pas le régime sans gluten.

Comment traiter l’intolérance au gluten ?

Le traitement de la maladie coeliaque est un régime alimentaire excluant le gluten du blé, et les protéines toxiques de certaines céréales (orge et seigle) et leurs dérivés.

Le riz, le soja, le maïs, la pomme de terre et le sarrasin sont autorisés.

Il existe des produits sans gluten (pâtes, pain, gâteaux …) qui permettent de ne pas renoncer à ces aliments. Il faut être très vigilant dans le choix des produits alimentaires du commerce, le gluten pouvant être présent sous forme directe (farine, chapelure …) ou sous forme masquée (amidon, amidon modifié, produits amylacés …). Il faut également vérifier la composition des médicaments. Le régime peut poser des problèmes en collectivité, camps de vacances, cantines, restaurants …

Une extension de la prise en charge en Maladie de Longue Durée permet le remboursement partiel des produits sans gluten.

L’association française des intolérants au gluten (AFDIAG) tient à jour la liste des aliments industriels autorisés (www.afdiag.org).

Le régime sans gluten n’est efficace que s’il est strictement suivi :

Les anticorps spécifiques se normalisent en 1 à 2 ans

L’enfant ou l’adolescent ayant un diabète et une intolérance au gluten doit être suivi régulièrement par le pédiatre diabétologue (La mise au régime sans gluten peut nécessiter un ajustement des doses d’insuline) et si possible par un pédiatre gastro-entérologue et par une diététicienne ayant l’expérience de l’enfant et de l’intolérance au gluten.

Le régime sans gluten doit être suivi au moins pendant toute la croissance.