Quand on est adolescent, il y a des moments sympas de rires, de fêtes, d’activités sportives, de retrouvailles entre amis, mais aussi des moments de ras-le-bol avec certains copains ou certaines copines avec qui on ne partage plus les mêmes idées.
Des moments qui sont durs aussi avec les parents qui ne nous comprennent pas, sans oublier les frères et sœurs qui ont toujours des commentaires à faire sur tout et n’importe quoi.
A tout ça, on peut ajouter le diabète plus ou moins facile à gérer et qui peut parfois être sacrément prise de tête en fonction des périodes : des moments où il s’accepte et des moments où c’est l’enfer !

Concrètement, qu’est-ce que l’AJD vous propose ?

Tu as entre 12 et 25 ans, cette rubrique est pour toi ! Tu te sens parfois seul avec tes difficultés ou tes interrogations sur le diabète, la vie te semble parfois compliquée, tu te sens incompris, tu ne sais pas à qui et comment en parler. Tu peux écrire à Nadine Hoffmeister qui te répondra et publiera dans chaque revue les questions qui pourraient intéresser d’autres ados dans le même cas.

Envoie ta question à nadine.hoffmeister.ajd@gmail.com. Ces échanges permettront d’alimenter le compte twitter de l’AJD (@AJDdiabete), en reprenant les thèmes les plus souvent abordés. N’hésite pas à reprendre le #lecourrierdesados après chaque tweet. Évidemment, nous te garantissons un total anonymat.

Si tu préfères échanger en direct, dans un espace privilégié et confidentiel, tu peux prendre rdv par mail ou par téléphone au 01 44 16 89 89, Nadine te recevra le vendredi entre 9h30 et 18h au siège de l’AJD.

Bonjour, je m’appelle Sandrine, j’ai 14 ans et un diabète depuis 5 ans. J’aimerais savoir comment je peux faire pour ne plus faire d’hypoglycémie ?

Ta question est très précise Sandrine. Je vais tenter de t’apporter des éclairages.
Je vais certainement te décevoir tout de même un peu, car les hypoglycémies font partie du diabète donc ne pas en faire du tout n’est pas possible. En revanche, peut-être peut-on se demander ensemble combien tu en fais par jour ou par semaine et à quel moment plus particulièrement. Sont- elles nombreuses ? Est-ce qu’elles surviennent toujours aux mêmes heures, est-ce durant les cours ou après une activité par exemple ?
On peut se dire qu’en faire, c’est normal, mais en faire beaucoup ou tout le temps, ce n’est pas très normal. On peut penser peut-être qu’il y a un petit souci et quelque chose à modifier dans tes doses. Ce serait bien d’en discuter avec ta diabétologue ou un soignant de l’hôpital.
Dans ta question, je perçois une forme de ras-le-bol ou de stress. Comment faire pour que les hypoglycémies te stressent moins ? Je te propose d’essayer de les anticiper au maximum pour qu’elles ne te prennent pas de cours, qu’elles ne te submergent pas. Par exemple, c’est bien de tenter de repérer à quel moment elles arrivent (est-ce dans des moments de fatigue, après le sport, en fin de matinée ?…). C’est bien de faire des glycémies sur certaines heures précises pour avoir des repères. Ça te permettra de mieux évaluer et de mieux te connaître. C’est important de toujours avoir du sucre sur toi, et ce, quelque soit le contexte. Et aussi, ce qui peut éventuellement t’aider quand tu es en cours, c’est de toujours faire une glycémie avant tout examen. Il y a sûrement d’autres situations peu simples auxquelles tu es ou tu as été confrontée. N’hésite pas à me contacter pour en parler et chercher ensemble des solutions pour te donner les moyens de mieux gérer ton quotidien.

Bonjour, j’ai 17 ans. Je m’appelle Karine et j’ai un diabète depuis peu. J’ai toujours été responsable. Mes parents le savent. Ils ont le sentiment que je gère tout et ils pensent que tout est simple pour moi. De toute façon, j’ai l’impression qu’ils ne comprennent rien à l’insuline et au reste. J’ai l’impression qu’ils pensent que c’est facile pour moi. Je me sens très seule.

Je vois Karine, en te lisant que tu as de nombreuses impressions qui concernent tes parents.Tes ressentis sont importants, mais ne penses-tu pas que ce serait intéressant et bénéfique de tenter de leur parler et de leur dire tes sentiments ? C’est important que tu leur parles de toi, que tu puisses leur dire que oui, tu comprends plein de choses sur le diabète, que oui, tu es une jeune fille responsable, mais qu’en même temps, vivre avec le diabète n’est pas toujours facile, que tu ne gères pas tout et que même quand c’est géré, ça reste casse-pied et dur.
Tu dois partager avec eux et échanger davantage. Ce n’est pas bien, ce n’est pas juste que tu te sentes si seule. Il faut que tu leur demandes de l’aide. Tu as le droit de ne pas savoir tout faire. Tu n’es pas là pour les rassurer. Peut-être qu’il serait important que tu les impliques davantage, que tu leur expliques l’insuline, l’adaptation des doses par exemple.
Peut-être qu’au début de la maladie, tu as voulu tout gérer et trop parfaitement, peut-être que tu as voulu les protéger de cette prise en charge. Peut-être voulais-tu qu’ils ne s’inquiètent pas. Mais sache que le diabète est arrivé et que ça n’est pas de ta faute. Surtout, ne te sens coupable de rien et explique-leur tes difficultés. Si tu as besoin d’aide, de conseils de la part de l’AJD, n’hésites pas par téléphone, mail… Nous te répondrons rapidement.

Je m’appelle Alexandre et j’ai 13 ans. L’autre jour en récré j’ai senti mon hypo venir. Je me suis mis à pleurer et je n’arrivais plus à m’arrêter ni à savoir pourquoi je pleurais. J’ai raconté à ma mère et elle m’a dit que j’étais surement triste pour ma grand-mère qui venait de nous quitter il y a 15 jours et que j’avais tout gardé en moi, que j’évacuais la tristesse de ces dernières semaines. Je trouve tout ça bizarre. Mes copains étaient avec moi et ils m’ont proposé leur goûter.

Bonjour Alexandre, il y a deux choses que tu évoques : ta mamie et ton hypoglycémie. Ta mamie, je pense qu’effectivement, la séparation d’avec elle et sa mort sont très difficiles pour toi… En tous cas, si tu étais proche d’elle, c’est forcément compliqué. Ta douleur et ta tristesse sont des ressentis complètement normaux. C’est important d’en parler, de les exprimer avec les personnes avec qui tu as envie de partager toutes ces émotions. Ne t’empêche pas de le faire, au contraire, ça t’aidera ! Une crise d’hypoglycémie, c’est bien sûr différent, mais ça non plus, ça n’est pas facile à gérer. L’hypoglycémie, ça rend triste, tu as le sentiment que tout est compliqué, que tout est une montagne. L’hypoglycémie, ça rend les choses noires, tu as le sentiment que tu n’y arriveras pas. Peut-être aussi, Alexandre, que tu appréhendes un peu les hypoglycémies (tu n’en as pas envie, elles te font peur) et que du coup, la peur de ne pas pouvoir te prendre en main a pris le dessus dans la situation que tu m’évoques dans ton message. Peut-être aussi que ton hypoglycémie était un peu trop avancée cette fois-là (tu étais trop bas déjà) et que tu n’étais plus en possibilité de maîtriser la situation. Il est également tout à fait possible que la survenue de ton hypoglycémie ait renforcé et fait ressurgir la tristesse suscitée par la perte de ta grand-mère. Ce qui est formidable, c’est la solidarité de tes copains ! Ils étaient avec toi et ils ont su t’accompagner comme il fallait. Ceux-là, surtout garde-les !! J’espère avoir pu te donner des éléments de réponse. N’hésite pas à nous contacter.

Je m’appelle Isabelle. Je viens de fêter mes 14 ans. Je sais que je grandis, mais je n’arrive à rien et c’est surtout au niveau de la nourriture. Je veux manger tout le temps. Je passe ma vie dans le frigo et maintenant je demande à ma mère de le cadenasser sinon je ne peux pas m’empêcher d’y aller. La dernière fois, elle l’avait laissé ouvert et je lui ai demandé de le refermer. Je ne comprends pas pourquoi je suis comme ça. Si vous pouvez m’aider, merci !

Bonjour Isabelle, je te souhaite tout d’abord un bel anniversaire pour ces 14 ans nouvellement arrivés ! Et oui, tu grandis, c’est sympa, mais en effet pas que ça, et certaines difficultés subsistent voire se renforcent. On peut déjà ensemble, s’interroger sur la signification de tes comportements. Tu as l’air de penser que c’est beaucoup, que c’est trop et que ce n’est pas normal de s’alimenter autant, jusqu’à demander à ta mère de boucler le frigo à double tour pour que tu n’y aies plus accès. Tu lui demandes même de le refermer une fois ouvert. De quoi as-tu donc si peur ? Il semblerait que tu aies peur de tes impulsions. Tu as peur de certains débordements qui font qu’à certains moments, c’est comme si c’était plus fort que toi, plus fort que ta volonté. Nous pouvons faire ensemble des hypothèses : peut-être cherches-tu à combler un vide, peut- être te sens-tu parfois très seule d’autant que tu grandis comme tu disais et ça, ça n’est pas si simple. « Grandir et n’arriver à rien » comme si grandir voulait dire qu’automatiquement, tu allais réussir à tout bien faire, à maîtriser tes réactions et tes impulsions. Moi, je pense que ça n’est pas tant lié et que le fait même de grandir peut parfois donner l’envie de redevenir petit. Et sais-tu Isabelle que quand on est petit, on est dépendant, on ne fait presque rien seul, on a besoin de réassurance, d’une maman qui s’occupe de soi. Peut-être qu’aujourd’hui le fait de grandir t’inquiète et que c’est ta manière à toi de faire que ta mère s’occupe de toi. Comme ça, tu te sens moins seule. Elle veille ainsi à ta sécurité, elle te protège. Tu lui demandes sûrement la même protection que quand tu étais petite puisque tu n’avais pas la notion des risques. C’est vraisemblablement une manière pour toi de faire qu’elle soit attentive à toi, un peu comme si tu lui disais que sans elle, ce n’est pas évident et que grandir, c’est certes positif, mais aussi source d’inquiétude. Peut-être, peux-tu essayer de lui en parler. Tu n’es pas la seule à ressentir des moments d’angoisse et de solitude comme ceux-là. C’est un passage qui doit être transitoire. Si c’est vraiment trop difficile que ça dure et que tu as le sentiment de n’avoir aucune solution, tu dois impérativement demander à maman qu’elle prenne un avis auprès de ton médecin et sinon bien entendu, tu n’hésites pas à contacter l’AJD.

J'ai 11 ans et demi. Je m'appelle Amélie. J'aimerais grandir, mais que vais-je faire plus tard ? C'est quoi l'avenir quand on a un diabète ?

Bonjour Amélie, les questions de vous tous sont toujours très riches et intéressantes et la tienne est passionnante parce que tu nous résumes, en quelques mots, une question essentielle et large qui est celle du grandir, du devenir et de l’incertitude de ce devenir. À cela, tu ajoutes la question de « l’avenir quand on a un diabète ». Tu souhaites grandir Amélie, et c’est très positif d’être dans cette volonté. En même temps, dans ta question, vient l’inquiétude, car tu ne sais pas ce que sera ta vie quand tu seras plus grande. Il serait peut-être bien que tu réfléchisses et que tu écrives sur une feuille ou un carnet ce que tu aimerais être plus tard, ce que tu aimerais faire ou vivre. Tu as peut-être des idées de métiers ou d’autres idées… Puis tu parles du diabète. Peut-être penses-tu qu’il soit un problème quand on est grand ? Peut-être penses-tu qu’il puisse t’empêcher de faire des choses, mais quoi ? Il n’y a pas de raison Amélie. Avec ton diabète, tu pourras vivre et tout faire comme les autres, avoir ta famille, un copain ou un mari, un travail, des activités sportives, des enfants. Tu pourras voyager dans le monde. Tu vas grandir avec le diabète et tu vas de mieux en mieux l’apprivoiser et le considérer en ami. Il va moins te gêner en grandissant, car tu vas apprendre à vivre avec lui. N’hésite pas à me faire part de tes idées et de tes souhaits éventuels. À bientôt.

J'ai 12 ans. Je m'appelle Yael. Je suis en cinquième. J'ai un diabète depuis 3 ans. J'ai une pompe et c'est difficile pour moi, car les gens ne voient que ça. Y en a qui se moquent.

Bonjour Yael, tu exprimes tes difficultés et ça, c’est très important ! C’est vraiment courageux de savoir parler de ce que tu vis et de ce que tu ressens, car ça n’est pas toujours facile de dire ce que l’on pense !Il y a plusieurs choses dans ce que tu écris : il y a la pompe, il y a les « gens » et leur regard, et il y a les moqueries de certains. Alors, comment faire ? Je pense que ta question est celle-là. Le choix d’avoir une pompe Yael, ne se fait jamais par hasard. En revanche, la question de ce choix peut évoluer « dans ta tête » et du coup, se rediscuter avec tes parents et avec ton diabétologue. Rien n’est figé. Tout peut bouger. Ensuite, tu évoques le regard des autres sur la pompe. Leur regard te gêne. Tu dis : « les gens ne voient que ça ». D’abord, on peut se demander qui regarde ? Est-ce que ce sont des gens qui ne connaissent pas la pompe ? Qui ne connaissent pas le diabète ? Est-ce que ce sont tes amis ou est-ce que ce sont des gens que tu vois habituellement se moquer de tout et de tout le monde ? Je ne vais rien t’apprendre, tu sais que ça arrive et souvent à l’école. On peut aussi se demander si les gens ne voient vraiment que ça ? Une chose est sûre, c’est que toi, tu sais que tu as une pompe et peut-être que toi, tu la vois beaucoup et qu’à plein de moments, tu aimerais la retirer, car tu en as marre de la voir et de l’avoir sur toi. Et ça, c’est tellement normal d’en avoir ras le bol et de râler quand on en a besoin. En tous cas, Yael, si les gens qui regardent sont des gens qui ne connaissent pas, ils regardent non pas pour être méchant, mais juste parce qu’ils ne connaissent pas et je pense que, toi, avec tes connaissances, tu peux, si tu le souhaites, leur expliquer à quoi ça sert et ce que c’est. Tu leur apprendras au moins quelque chose. Si ce sont tes amis qui regardent, tu peux te dire qu’ils ne le font pas et ne le feront jamais par méchanceté. Ça peut être devenu une habitude pour eux et une volonté de t’accompagner quand ils voient justement que tu en as marre. Si certains se moquent, il me semble surtout qu’il faut que tu te serves de ce que tu es, de tes forces morales, de ton caractère. Ne te laisse jamais déboussoler par des gens idiots. Sache que ceux qui font ça sont bien souvent des gens qui n’en valent pas la peine et qu’ils ne méritent pas que tu perdes ton temps à penser à eux ! Sinon, c’est comme si tu leur donnais de l’importance, or tu sais qu’ils n’en ont aucune. Essaie toujours de tout tourner avec humour quand ils se moquent ou bien sinon, reste indifférent, ne leur donne pas de réponse et détourne-toi. J’espère avoir répondu à quelques-unes de tes difficultés Yael. À bientôt avec l’AJD

J'ai 16 ans et j'ai un diabète depuis peu de temps. Ma diabétologue m’a dit que quand je vais en soirée, je dois faire mon insuline en fonction de ce que je vais manger là-bas, sur place. A ma dernière soirée, je savais qu’il y aurait pas mal de sucreries et de gâteaux prévus et j’ai augmenté ma rapide, qui est de 4 U habituellement, à 13. Et là, malgré ce que j’ai mangé, j’ai fait une énorme hypo avec des comportements anormaux. Comment je dois faire mes doses quand je vais en soirée ?

Quand tu vas en soirée, même si tu as une idée de ce qu’il peut y avoir à manger, on peut se dire que tu ne sauras jamais exactement ce que tu vas prendre en terme de quantités de boissons ou de gâteaux. De plus, parfois, la nourriture n’est pas toujours à disposition. Il est donc préférable de faire ton insuline sur place pour éviter d’emblée une éventuelle hypoglycémie.
Ensuite, quand tu es à la soirée, il vaut mieux partir du principe de ne pas faire trop d’insuline et surtout ne jamais faire de telles différences en passant de 4 à 13, c’est vraiment trop important. Vas-y toujours très progressivement dans tes ajouts ou dans tes baisses. De cette manière, tout est progressif et sans danger.
Ne pas faire trop d’insuline en soirée car les soirées sont souvent longues jusque tard dans la nuit. Et puis tu peux danser, parfois peut-être, prends-tu un peux d’alcool et du coup l’effet de la danse, l’effet de l’heure tardive, l’effet de l’alcool peuvent te fatiguer et te tromper sur tes ressentis. Tu auras le sentiment d’être un peu en ébriété ou de te sentir détendue et en réalité, tu seras aussi en train de démarrer une belle hypoglycémie.
Pour éviter ce risque, fait moins que trop en insuline. Saches qu’en soirée, ta glycémie peut descendre très rapidement, donc privilégies d’être peut-être un peu plus haut que bas et tu réguleras si besoin le lendemain sans souci.

J’aimerais que vous m’aidiez. J'ai 18 ans et je n’accepte pas mon diabète. Je ne fais plus mes dextros ni mes insulines. Je vais souvent à l’hôpital et j’en ai marre. Comment je peux faire pour changer et pour être aidée ?

Tu dis que tu n’acceptes pas ton diabète mais en tous cas, tu as la force et le courage de savoir demander de l’aide. C’est déjà un premier pas vers l’acceptation, et de plus tu es en mesure de dire tes difficultés. Alors déjà, bravo pour tout ça.
Ensuite, tu en as marre et tu veux changer, et bien oui, aller tout le temps à l’hôpital, c’est sûr que tu as peut-être d’autres désirs, d’autres plaisirs et d’autres projets à penser et à faire que de t’embêter à l’hôpital dans un contexte pas sympathique. Donc l’idée du changement est excellente. Alors comment faire pour changer ?
Déjà, tu vas arrêter de te gronder et te dévaloriser car cela ne va pas nous faire avancer. Tu vas commencer par te dire que tu as des capacités et des qualités, la preuve en est puisque tu te poses des vraies questions importantes sur tes difficultés. Le changement commence toujours par la remise en cause et par les questions qu’on se pose : pourquoi c’est dur, pourquoi je ne fais plus telle ou telle chose, pourquoi j’abandonne… ?
Tu ne fais plus tes dextros ni tes insulines. Peut-être est-ce une manière pour toi d’exprimer quelque chose à ton diabète, peut-être aussi à la famille ou à tes médecins ? Peut-être veux-tu leur faire comprendre que vraiment c’est trop, que tu en as assez.
Si c’est un peu le cas, ou si tu cherches à exprimer un raz-le bol, on le comprend très bien mais il peut-être bien que tu réfléchisses à dire les choses d’une autre manière et que ce ne soit pas à ton détriment. C’est à dire que pour tout ce qui concerne le raz-le bol, il faut trouver de nouvelles solutions qui te permettent d’avancer et non pas l’inverse. Déjà, peut-être peux-tu dire avec tes mots, à tes parents, que tu en as assez et en même temps, tu tentes de refaire les dextros et les insulines nécessaires à ta prise en charge. L’idée étant que tu deviennes maître de ton diabète et non pas que ce soit ton diabète qui décide à ta place. Tu verras que ça ira mieux car en ne faisant plus rien, tu laisses ton diabète décider de ne pas te faire du bien (on peut imaginer que outre l’hôpital que tu fréquentes régulièrement, tu es très fatigué et tu bois beaucoup à cause des hyperglycémies).
Ne laisse jamais le diabète décider à ta place ! Plus tu organises ton traitement et tu le gères et mieux le diabète évolue. Je te propose de me renvoyer un mail pour me dire petit à petit les solutions que tu mettras en place.

A 19 ans, je ne vis pas bien mon diabète que j’ai depuis 10 mois. Je mange tout le temps, je n’arrive pas à ne pas manger. J’ai besoin de vos conseils.

Déjà, tu peux te dire que ce que tu ressens, c’est normal. Tu ne vas pas t’infliger de parvenir à tout bien vivre ou à tout bien faire tout de suite. Tu as un diabète qui est récent et qui nécessite de modifier pas mal de choses dans ta vie, donc évidemment, ce n’est pas facile !
Je crois qu’il faut déjà que tu apprennes à être respectueux de toi-même. Tu ne pourras pas tout bien faire tout de suite. Les choses vont se faire progressivement et avec le temps. Il faut déjà que tu parviennes à identifier ce qui est le plus difficile à mettre en place ou à vivre pour le moment, que tu le notes, puis avec l’aide de ton diabétologue, de ton entourage proche, que tu réfléchisses à des premières solutions à mettre en place.
Ensuite, concernant ton rapport à la nourriture, peut-être que pour le moment elle vient combler tes inquiétudes ou remplir une fonction de réassurance à un moment où, c’est vrai, le diabète soulève des questions et tu ne veux plus y penser.
Je pense qu’il va falloir que tu prennes les choses une par une sans te précipiter à tout vouloir bien faire. On peut se dire que la nourriture a une fonction. Il va falloir que tu puisses trouver peu à peu à quoi elle te sert pour pouvoir ensuite mieux la réguler. Pour ça, tu peux aussi te faire aider en contactant un psychologue extérieur ou contacter l’AJD.
N’hésite pas à revenir vers nous ou à nous contacter par téléphone.

Je m’appelle Lil de mon petit nom, j'ai 14 ans. J’ai un diabète depuis 3 ans. J’en ai marre, car ça m’étouffe. Mon diabète prend toute la place. Il m’empêche de vivre car les gens et surtout ma famille (mes parents) ne me parlent que de ça comme si je n’étais que le diabète. Comment je peux faire pour qu’ils arrêtent de me confondre avec cette maladie ?

Oui, tu as raison ; tu n’es pas le diabète. Le diabète fait partie de toi dans une gestion au quotidien, mais tu es avant tout Lil, une jeune fille de 14 ans avec, je l’entends par tes mots, une belle sensibilité, une magnifique analyse de tes ressentis et une grande finesse d’esprit. Ne change rien de tout cela, ça fera toujours ta force !
Tes parents te parlent beaucoup du diabète au point que ça prend l’intégralité de ta place de jeune fille. Je suppose que tes parents sont très anxieux, pour en parler autant.
Est-ce qu’à ton avis, ils peuvent avoir des sujets d’inquiétudes par rapport à ce diabète? Y aurait-il eu quelques hyperglycémies ou hypoglycémies trop fréquentes ou graves qui auraient pu les inquiéter et les mettre dans le doute sur tes capacités à te prendre en charge ?
Pour les rassurer, et que tu puisses restaurer avec eux un lien adapté ; je te propose Lil, de leur exprimer qu’effectivement, tu es avant tout leur fille. Il faut que tu leur parles de tes plaisirs et de tes ressentis. Tu peux leur expliquer que, quand tu rentres le soir, ce qui te plaît, c’est qu’on te demande comment s’est passée ta journée et non pas quelle glycémie tu as eue.
Il s’agit que tu récupères ta place, mais pour cela, il est primordial que tu fasses au mieux par toi-même, dans ta gestion du diabète au quotidien. Tu en es tout à fait capable. Ne laisse pas les glycémies de côté et ne laisse pas les hyperglycémies ou hypoglycémies décider de ta vie.
Tu verras qu’avec des glycémies faites chaque jour régulièrement à certaines heures, tu pourras mieux anticiper les hyperglycémies et te faire un rajout si besoin. Mais aussi, tu pourras mieux anticiper les hypoglycémies et te resucrer rapidement si tu en démarres une.
Plus tu feras pour toi, plus tes parents seront rassurés. Ainsi, ils te feront confiance et progressivement, tu pourras reprendre entièrement ta place.
N’abandonne surtout pas ce que tu es !
N’hésite pas à me recontacter par mail ou téléphone.

Bonjour, je m’appelle Victor, j’ai un diabète depuis 21 mois. Ça ne se passe pas facilement pour moi. Mes parents se disputent depuis que je suis petit et là, 6 mois après l’annonce du diabète, mon père a demandé le divorce à ma mère. Je ne sais pas du coup, si c’est ma faute, mais je ne sais plus quoi faire. Aidez-moi.

Il y a plusieurs choses dans ce que tu exprimes : tout d’abord le fait que depuis des années, tes parents se disputent, et ça c’est le problème de tes parents entre eux. Ça n’a rien à voir avec toi. Les adultes ont parfois, des difficultés de couple qui leur appartiennent et qui ne sont pas les tiennes.
Ensuite, il y a l’annonce du diabète depuis 21 mois et c’est un autre sujet difficile, mais ça n’a rien à voir avec les difficultés du couple de tes parents. Tu n’es absolument pas responsable de leurs soucis. Si ton papa demande le divorce maintenant, c’est que déjà, avant le diabète, il avait en tête de le demander à ta maman, diabète ou pas diabète.
Ce que tu pourrais faire, c’est leur en parler, leur dire ce qui t’inquiète, leur dire ce qui te rend triste, leur poser des questions sur ce que tu ne comprends pas. Cette discussion va être très importante pour toi et pour eux aussi, car peut-être, ils n’ont aucune idée de toutes tes inquiétudes.
Tu es quelqu’un Victor, d’essentiel pour tes parents et il est très important qu’ils sachent quand tu ne vas pas bien, comme ça, ils peuvent mieux t’expliquer et te rassurer.
N’hésite pas à me recontacter pour me dire comment ça se passe.

Je suis Éliane et j’en ai marre. Rien n’est simple pour moi. Les cours, c’est chiant, le moral, je l’ai dans les chaussettes, pourtant j’ai des amis qui m’entourent, mais j’ai souvent honte de mon diabète et de mes crises d’hypos.

Bonjour Éliane,
Je vois qu’il y a un grand ras-le-bol : les cours, le moral, le diabète et peut-être d’autres encore que tu oublies. J’imagine qu’à 14 ans, tu dois être en quatrième ou troisième. Ce ne sont pas des classes faciles, en plus on n’a pas toujours les profs que l’on veut et il faut travailler. Ta fatigue est normale.
Certains cours t’intéressent sûrement, d’autres moins. Tu as le droit de ne pas tout aimer. C’est la vie. Tu vas t’apercevoir qu’avec le temps, souvent, les choses deviennent plus simples, car en grandissant, tu pourras faire le choix de ta filière professionnelle, celle qui te permettra de t’accomplir. Il faut, c’est vrai, encore de la patience !
Tu abordes aussi, je l’entends, le ras-le-bol du diabète et des crises d’hypos et tu parles de honte. Je me demande en t’écoutant pourquoi tu es si dure avec toi ?
Les crises d’hypos, tu connais, tu peux en parler, c’est casse-pied et sûrement plus encore…
Ce qui me semble important dans ce que tu livres, c’est le fait que tu as su créer un cercle d’amis dont tu sais te faire entourer. Tu connais l’hypo, tu sais que les signes sont parfois désorganisés et non contrôlés, c’est ça qui te donne certainement ce ressenti de honte. Je pense qu’il faut bien que tu comprennes Éliane, que pour tes amis, c’est un détail ces comportements non maîtrisés. Ça n’est pas le diabète qui fait que les gens viennent ou non vers toi. Ce n’est pas le diabète qui fait qu’on te choisit. Tes amis t’ont choisi pour tes qualités, pour ta personnalité et pour ce que vous échangez mutuellement. Ils t’apportent des choses autant que toi tu leur donnes. C’est ça l’amitié, c’est un partage mutuel de toutes les expériences de chacun avec diabète, sans diabète et toutes autres problématiques. Si un de tes amis a un souci, quelque soit ce souci ou développe une maladie, on peut supposer que tu l’aideras tout autant et que tu ne le jugeras pas et bien pour tes amis c’est pareil. La honte, tu es seule à la ressentir quand tu fais une crise, tes amis, Éliane sache le, n’ont pas honte de toi. Ce qui est important pour eux, c’est d’être avec toi.

Je suis Sébastien. J’ai 17 ans. C’est quoi l’Amour quand on a un diabète ? Merci de me répondre.

Bonjour Sébastien, c’est une bien belle et bien vaste question. Nous allons donc nous attacher à ce rapport que tu mets entre l’amour et le diabète. Penserais-tu que le fait d’avoir un diabète induirait un amour différent par rapport à une personne qui n’a pas de diabète ? Peut-être, est-ce ton idée. Tentons d’y répondre. On peut peut-être se dire que l’Amour dépend de chacun.
Chaque individu, homme et femme, en fonction de sa personnalité, de ses envies, de ses centres d’intérêts et de ses goûts : grand, petit, fort, mince, blond, châtain, brun etc… sera ou non séduit par une personne et s’il l’est, choisira cette personne. On peut supposer que l’Amour se construit sur des goûts communs et partagés. Pour une personne qui a un diabète, qu’est-ce que cela pourrait changer ? Et bien absolument rien. Ça va se construire de la même manière, dans la façon de ressentir, d’être attiré. L’Amour est le même. La personne qui a un diabète n’a surtout pas à s’empêcher d’aimer ou de ressentir. Pourquoi le ferait-elle ? Elle n’a rien en moins. Tu n’as pas à te complexer ou à te culpabiliser. Tu dois aimer comme tu es. Si une personne tombe amoureuse de toi, c’est la même chose. Rien ne doit changer. Si tu as le sentiment qu’elle a des peurs, il faudra que tu la rassures et que tu lui apprennes posément ce qu’est le diabète. Si cette personne cherche à te surprotéger, il faudra que tu lui montres et que tu lui expliques que ça n’est pas son rôle et que ça n’est pas nécessaire. Retiens bien que tu n’as rien en moins. Tu dois vivre et aller au bout de tes désirs sans complexe. L’avenir, c’est toi qui le décideras dans tes relations aux autres et dans tes projets : célibat, vie de couple, vie de famille. Tu choisiras mais ça n’est pas le diabète qui t’empêchera ou non de faire. C’est toi et ce sera toujours toi qui seras le plein acteur de ta vie pour aimer et être aimé. Si tu souhaites poursuivre tes réflexions, n’hésite pas à contacter l’AJD.

Je m’appelle Pauline, j’ai 19 ans. J’ai un diabète depuis l’âge de 4 ans. Le diabète a toujours été pour moi un enfer ! J’ai eu divers traitements, seringues, stylos et maintenant je suis sous pompe depuis 3 ans. Je ne me suis jamais prise en main car ma mère faisait tout. Ça m’allait bien surtout que je n’ai jamais accepté cette maladie. Du coup, je mange n’importe quoi et plus encore avec le passage sous pompe. J’ai fait par faire dernièrement un coma d’acidocétose qui m’a conduite à l’hôpital. Ma mère vient de me dire qu’elle n’en pouvait plus et que dorénavant, je devais m’organiser, faire les choses par moi-même et qu’elle, elle arrêtait. Elle m’a dit, la seule chose que je ferai, c’est de t’emmener à l’hôpital si tu as besoin. Pour le reste, tu te débrouilles. Aidez-moi, donnez-moi des conseils car je suis perdue. Merci.

Bonjour Pauline, je comprends dans tes propos que le diabète n’a jamais été un allié. Tu ne l’acceptes pas. C’était pour toi plus facile de ne pas t’en occuper et de le confier à ta mère. C’était peut-être aussi plus simple, au début, pour ta maman de faire de même. Les choses ont maintenant changé.
Tu dis Pauline, que depuis le passage sous pompe, tu manges encore plus mal qu’avant et que tu viens de vivre un coma d’acidocétose. Tu dis que depuis cet incident, ta mère ne veut plus s’occuper de ton diabète. Comme dit avant Pauline, tu considères le diabète comme un ennemi et du coup, tu fais des « bêtises », tu te mets en danger régulièrement. On pourrait dire en quelque sorte que, tu provoques la maladie. J’entends chez ta maman beaucoup de colère, de ras-le-bol et de découragement. On peut supposer que les ressentis de ta mère sont plus liés à tes attitudes « du n’importe quoi » dont tu parles, qu’au diabète lui-même. On peut supposer qu’elle a le sentiment que, tout comme tu « provoques » le diabète, tu la provoques quand tu fais des « bêtises ».
Essayons ensemble, de comprendre ce que ta mère te dit. Déjà, elle a toujours été là, donc l’affection qu’elle te porte est importante. Ensuite, elle a toujours tout fait pour le diabète. Le résultat dont elle est en train de prendre conscience, c’est qu’elle a trop fait, qu’elle fait encore trop aujourd’hui et que le fait de tout faire ne t’aide pas puisque ça te permet de rester petite, de ne pas grandir et de ne jamais te prendre en main. Or tu as 19 ans. Tu fais un peu comme les tous petits. Tu t’évites de penser la maladie et de penser ta prise en charge. Ce que je comprends bien sûr très bien. C’est tellement plus simple ! Le problème c’est que ça n’est plus possible car tu es jeune adulte aujourd’hui et en continuant à te négliger ainsi, à faire selon tes termes : « n’importe quoi », à faire un peu comme si tu n’étais pas diabétique, tu te fais réellement du mal et tu prends des risques importants ! Et ta mère, est en train de te dire qu’elle n’accepte plus ça. Elle n’est pas d’accord avec toi, et donc, dans sa colère et son exaspération, elle réagit. Ça n’est pas contre toi Pauline qu’elle dit qu’elle « arrête », c’est pour toi, pour t’aider. Elle tente de te faire prendre conscience du fait « qu’il faut te bouger ». Il est clair qu’elle ne souhaite plus s’occuper de ton diabète si et seulement si tu n’es pas avec elle.
C’est une manière pour elle de t’interpeller, de te dire que sans toi, sans ta volonté, elle ne pourra pas t’accompagner.  Ce  qu’il  serait  intéressant  à  mettre  en  place, c’est peut-être, de lui proposer de rédiger un contrat dans lequel chacune s’engagerait à faire quelque chose. Tu peux lui demander par exemple, de s’engager à t’expliquer ton traitement, les glucides, te transmettre ce qu’elle sait du diabète et toi, peut-être, tu peux t’engager à mieux manger, à tenter de faire des glycémies régulières, lui demander des conseils etc… l’objectif est que tu puisses recréer du lien avec elle autour de ces questions et bien entendu que tu témoignes de ta volonté. Bien évidemment, peut- être pour cela, as-tu besoin de soutien, alors, si tu souhaites en parler, n’hésite pas à contacter l’AJD de nouveau.