Les fêtes de famille et les sorties entre amis sont  importantes dans la vie. Dans ces moments de convivialité, l’alimentation et les horaires sont souvent différents de ceux de la vie quotidienne.

Pour que l’enfant et l’adolescent qui a un diabète en profite au mieux, tout en gardant un bon équilibre glycémique, des règles simples sont à suivre sur l’alimentation et les doses d’insuline.

Les sorties scolaires

C’est très important pour l’enfant. C’est une occasion de réaliser que le diabète n’empêche pas de vivre comme les autres.

Quelles solutions proposer ?

Si l’enfant sait faire les injections et les analyses, il les fait sous la surveillance d’un enseignant ou d’un accompagnant. Si l’enfant n’est pas autonome, la présence d’un adulte connaissant le diabète est indispensable.

Conseils pratiques :

  1. Avoir les coordonnées téléphoniques de la famille. Image : portable
  2. Garder tout le matériel et les collations avec soi, pas dans le coffre du car.
  3. S’informer de l’activité de la journée pour pouvoir adapter les doses d’insuline.
  4. Si nécessaire, avancer l’horaire de l’injection d’insuline et du petit déjeuner, tout en gardant les mêmes doses. En cas d’injection à midi ou au goûter, adapter les doses à l’activité.
  5. Pour le repas,s’assurer qu’ils soient régulièrement répartis dans la journée, avec les collations. Prévoir une collation supplémentaire dans la matinée si l’injection a été faite tôt le matin. Préparer un pique-nique ou un déjeuner équilibré. Enfin, préparer une collation dans la soirée en cas de décalage important du repas du soir.
  6. Mal des transports : si l’enfant y est sujet, prévoir de lui donner un médicament. Surveiller la glycémie en cas de vomissement.

Le pique-nique

Le pique-nique est un repas pris dans des conditions inhabituelles. C’est souvent un repas froid ! Il répond aux mêmes recommandations qu’un repas pris à la maison. La quantité est adaptée à l’activité physique.

Règle simple pour bien répartir les glucides d’un repas « Pique-Nique »

Crudités + féculents sans pain + un fruit

Exemple :

  • Salade composée : tomate, concombre, riz, œuf dur, fêta + pain
  • Fromage portion
  • Une pomme
  • Eau

Crudités, légumes + pain + un fruit

Exemple :

  • Tomate croque au sel
  • Sandwich crudités – jambon
  • Comté en portion
  • Coupelle de purée de fruit
  • Eau

Crudités, légumes + féculents + un peu de pain + un fruit

Exemple :

  • Bâtons de carottes
  • Cuisse de poulet froid – un petit paquet individuel de chips (30 g)
  • Un petit sandwich pain – crème de gruyère
  • Une prune
  • Eau

La restauration rapide

Les enfants aiment la restauration rapide et l’ambiance des fast-foods. On ne peut cependant pas les conseiller de façon habituelle pour les raisons suivantes :

  • les repas sont riches en graisses ;
  • les fruits et les légumes y sont en quantité insuffisante ;
  • les desserts sont souvent trop sucrés ;
  • les repas ne comblent pas durablement l’appétit.

L’enfant qui a un diabète peut manger dans un « fast-food » ou manger sur le pouce, de façon occasionnelle, dans la mesure où les autres repas sont équilibrés. Le choix des aliments sera orienté de façon à éviter un apport excessif en sucre faisant augmenter la glycémie et un apport excessif de graisses. L’eau reste la boisson conseillée.

On sait aussi qu’il est nécessaire d’avoir le plus souvent possible des légumes et des fruits dans l’alimentation.

Exemples de menu pour un enfant de 5 ans

Exemples de menu pour un enfant de 10-12 ans

Exemple de menu trop riche en lipides

Friand au fromage et une salade + un brownie + eau

=> 630 cal – 60 g de glucides

Exemples de menu pour un adolescent de 13-15 ans

Exemple de menu trop riche en lipides

croque-monsieur avec une frite moyenne + un muffin chocolat + eau

=> 950 cal – 110 g de glucides

Exemples de menu pour les 16-17 ans

Un pain bagnat + un yaourt à boire (200 ml) + eau

=> 600 cal – 90 g de glucides

Nems (4) et riz cantonnais + Beignet + eau

=> 700 cal – 90 g de glucides

Un panini (100 g) + 1 esquimau (grand) + eau

=> 750 cal – 90 g de glucides

Exemple de menu trop riche en lipides

Double hamburger + un brownie + eau + grande frite

=> 1150 cal – 110g de glucides

Restauration rapide : lipides et calories

Ce tableau tient compte de la teneur en calories et en lipides, mais pas de la teneur en glucides des aliments répertoriés.

Conclusion

Ce mode d’alimentation doit rester compatible avec les conseils reçus pour l’alimentation habituelle. En tout état de cause ce sont les entretiens avec la diététicienne et le médecin qui permettent de trouver le meilleur compromis.

Le goûter d’anniversaire

Pour tout enfant, un goûter d’anniversaire devrait être composé d’une part de gâteau, d’une boisson sans sucre et pas trop de bonbons.

A la maison ou chez un(e) camarade

Si, habituellement, il y a une injection d’analogue rapide avant le goûter, ou s’il est possible d’en faire une exceptionnellement, on la fait au moment de manger le gâteau d’anniversaire. S’il n’est pas possible de faire l’injection, l’enfant mange comme ses camarades, sans excès. L’activité physique peut limiter l’hyperglycémie qui va suivre. Si la glycémie est élevée avant le dîner, on fait une correction avec la dose d’insuline d’action rapide.

A l’école

On propose à l’enseignant de regrouper les goûters d’anniversaire dans l’année, de les organiser le matin, d’en informer les parents. Le goûter remplace la collation du matin. Une hyperglycémie avant le déjeuner est éventuellement corrigée par une injection d’insuline d’action rapide.

Le moment de l’apéritif

C’est un moment convivial auquel l’enfant peut participer. L’apéritif ne remplace pas un repas, il convient d’en contrôler l’importance. La glycémie est contrôlée avant l’apéritif. Si la glycémie est élevée, un supplément d’insuline est conseillé.

Si une injection est prévue à ce moment là et que l’apéritif apporte des glucides, l’injection est faite avant l’apéritif. En revanche, si l’apéritif apporte peu de glucides, l’injection est faite avant le repas. Pour l’enfant, l’apéritif ne doit pas entraîner un décalage trop important de l’heure du repas par rapport aux heures habituelles.

Apéritif pauvre en glucides

Boissons

Sodas « light », eaux aromatisées et/ou gazeuses sans sucre, jus de légumes, jus de citron concentré à diluer.

Aliments

  • Crudités ou légumes accompagnés de sauce au yaourt ou au fromage blanc, asperge, artichaut, carotte, céleri, champignon, chou-fleur, concombre, courgette, endive, radis, coeur de palmier, tomate-cerise, dés de melon, de pastèque, fenouil, pickles…
  • Bâtonnets de crabe, crevettes, moules, bigorneaux, jambon, etc..
  • Dés de fromage, jambon roulé avec du fromage, dés de jambon
  • Fruits oléagineux : olives, cacahuètes, pistaches… (pas avant 3 ans)
  • Saucisses cocktail, boudins, charcuterie etc…

Attention ! les quantités consommées ne doivent pas couper l’appétit pour le repas qui suit.

Apéritif apportant des glucides

Boissons

Sodas ou boissons aux fruits. Remarque : le faux champagne est un soda.

Attention ! ces boissons ont une teneur élevée en sucre. Les limiter à un petit verre (150 ml) maximum.

Aliments

  • Biscuits apéritifs, toasts, mini-quiches ou pizzas, feuilletés, chips, beignets, etc…
  • Les petits biscuits « apéritif » sont limités à une dizaine.
  • Les petits fours salés : 20 g de glucides.
  • Mini-feuilletés 10 g de glucides par pièce.
  • Mini-pizzas 5 g par pièce.
  • Mini-quiches 5 g par pièce.
  • Mini-tartelettes 5 g par pièce.
  • Mini-blinis 5 g par pièce.
  • Mini-nems 5 g par pièce.

Remarques

En cas de surpoids, il est préférable de consommer les boissons «light », les légumes crus et cuits, et éviter les produits riches en graisses : charcuteries, feuilletés et fruits oléagineux.

La prise de boissons alcoolisées favorise les hypoglycémies sévères qui répondent mal à l’injection de Glucagon (GlucagenR).

Repas de fête

Les repas de fête, chez des amis, au restaurant, pendant les vacances, en voyage ont généralement un horaire inhabituel et une durée difficile à prévoir et sont plus copieux. Mais, souvent, les enfants ne restent pas à table et vont jouer.

Il faut en tenir compte car il y a un risque d’hypoglycémie du fait du retard du repas ou d’hyperglycémie du fait de l’abondance du repas.

Repas de fête à midi

C’est à ce moment que le risque d’hypoglycémie est le plus important, surtout avec un schéma comprenant des injections 2 fois par jour

Que faire en pratique ?

S’il n’y a pas d’injection avant le déjeuner et si l’enfant est jeune, le plus simple est de lui donner son déjeuner à l’heure habituelle, avec les autres petits enfants. Si ce n’est pas possible, ou si l’enfant est plus grand, il prend une collation ou un apéritif apportant des glucides, puis le repas avec les autres convives.

S’il y a une injection d’un analogue rapide avant le déjeuner et si l’apéritif apporte des glucides, on fait l’injection avant l’apéritif. Si l’apéritif apporte peu de glucides, l’injection est faite avant le repas. Si le dessert est retardé par rapport au repas, Il n’est pas nécessaire de goûter.

Repas de fête le soir

Lorsque l’heure du dîner peut être retardée d’une heure ou deux sans inconvénient, l’injection est faite avant le repas. Lorsque le dîner est pris beaucoup plus tard, on peut faire séparément les injections d’insuline d’action rapide et d’action prolongée :

  • L’insuline d’action prolongée à l’heure habituelle (suivie éventuellement d’une collation légère).
  • L’insuline d’action rapide avant le repas (image : analogue rapide, ou rapide).
  • Mesurer la glycémie avant l’injection d’insuline d’action rapide et au coucher.

Quelle dose d’insuline faire avant un repas de fête ?

La dose habituelle, car l’hyperglycémie liée à l’excès alimentaire est souvent limitée par une activité physique plus importante.

Les sorties d’adolescent

L’hypoglycémie est un des risques des sorties nocturnes parce qu’on se dépense plus et l’alcool fait baisser la glycémie.

Que faire ?

Il faut prendre un repas avant de sortir à l’heure habituelle ou un peu plus tard. On diminue la dose d’insuline si on prévoit de se dépenser beaucoup. Puis, on retarde l’injection de l’insuline d’action intermédiaire, vers 22 heures, si on prévoit un lever tardif.

Il ne faut pas oublier d’avoir du sucre sur soi, de prendre le matériel d’injection et de surveillance et d’avertir une personne du groupe que l’on a un diabète.

Si la soirée se prolonge, il faut s’alimenter comme au cours d’un autre exercice physique, éviter les boissons alcoolisées, et contrôler la glycémie avant de se coucher.

Sortie imprévue

Elle se passe d’autant mieux qu’on a appris à être autonome pour l’autosurveillance, l’injection d’insuline et l’équilibre alimentaire.

Le lever tardif

Avec un schéma de traitement comprenant des injections d’insuline d’action rapide et d’insuline d’action intermédiaire matin et soir, un lever tardif risque de bouleverser l’équilibre glycémique de la journée.

Il y a un risque d’hyperglycémie au réveil

L’effet de l’insuline d’action intermédiaire (surtout NPH) injectée la veille au soir est terminé au réveil. Que faire ? Retarder l’heure de l’injection d’insuline d’action intermédiaire, vers 22 heures, si l’on constate une hyperglycémie lors du lever tardif.

L’injection d’insuline, au réveil, et le petit déjeuner sont retardés

Si le lever est retardé de moins de deux heures par rapport aux autres jours, l’injection est faite à la dose habituelle, avant le petit déjeuner. Et on peut soit ne pas prendre la collation de la matinée et déjeuner à l’heure habituelle ; soit prendre la collation et retarder l’heure du déjeuner.

Si le lever est plus tardif, soit on prend un seul repas (brunch), et on fait l’injection d’insuline rapide à la dose habituelle du matin (en diminuant la dose d’insuline d’action prolongée). Soit on prend un petit déjeuner et un repas 3 heures après, avec les injections comme d’habitude. Le soir, on reprend les injections à l’heure et aux doses habituelles.

Pendant les vacances, le décalage d’heure est régulier. L’adaptation des doses d’insuline, avec des analyses plus fréquentes les premiers jours, permet de conserver un bon équilibre glycémique.