L’Aide aux Jeunes Diabétiques

L’Aide aux Jeunes Diabétiques est une association originale qui allie familles de patients, patients et soignants pour aider les jeunes qui ont un diabète à vivre une vie pleinement épanouissante tout en préservant leur santé.

L’AJD défend leurs intérêts collectifs et particuliers.

Les valeurs de l’AJD, pionnière de l’éducation thérapeutique qu’elle pratique et défend depuis 60 ans, sont basées sur l’humanisme, la reconnaissance des compétences du patient et de sa famille dans le traitement de la maladie au quotidien, et sur le respect de sa liberté.

Familles, patients et soignants hospitaliers spécialistes de ce domaine médical, forment un groupe solidaire pour aider les jeunes à construire leur nouveau projet de vie.

La reconnaissance d’utilité publique est venue légitimer la mission et renforcer la spécificité de notre association.

Histoire de l’AJD

L’Aide aux Jeunes Diabétiques (AJD) a été créée dans les années 50. Le projet est né de la volonté de plusieurs pédiatres, autour d’Henri Lestradet, qui revenait d’un séjour d’études aux Etats-Unis. Sa rencontre avec le champion de tennis Bill Talbert, qui avait un diabète et maîtrisait son traitement en contrôlant lui-même ses doses d’insuline, lui donna l’idée, à son retour en France, de sortir les enfants de l’hôpital et de développer l’éducation.

1921 : Découverte de l'insuline

L’année 1921 est un tournant dans la prise en charge du diabète, grâce à la découverte d’un « traitement ». Les patients, souvent hospitalisés de façon prolongée, à qui les soignants administrent leur traitement, suivent par ailleurs la prescription d’une alimentation très restrictive en glucides, qui empêche les enfants de grandir.

Années 30 : Assurer le mieux vivre

Aux Etats-Unis, quelques médecins commencent à entrevoir la nécessité de faire plus que de « traiter » les enfants qui ont un diabète. LCF NEUD de Détroit fait sortir les enfants de l’hôpital en créant un mini centre d’été pour quatre jeunes enfants.

1951 : Henri Lestradet rencontre Bill Talbert

En 1951, 17 centres d’été recevaient 2000 enfants diabétiques aux USA. Là naissaient les premiers essais de formation et d’éducation au traitement du diabète.

C’est à cette même période qu’Henri Lestradet, jeune interne français, part aux Etats-Unis où il rencontre Bill Talbert, plusieurs fois champion de la coupe Davis de tennis et ayant un diabète insulinotraité.

Une rencontre qui permet de concrétiser un nouveau concept, appris de l’écoute des patients avant d’être établi par la physiologie, montrant l’intérêt d’adapter les apports glucidiques et les doses d’insuline aux besoins de l’organisme, et renforçant une conviction: l’écoute et les interactions patients-médecins permettent aux patients de mieux vivre avec le diabète.

1953 : Premiers séjours en Europe

En 1953, en Angleterre, trois séjours de 15 jours recevaient 188 enfants. La même année s’organisent des séjours en Suisse, au Danemark, en Suède, aux Pays Bas, en Italie.

Les Professeurs G.M. Guest et R. Debré ont décidé que la France tenterait à son tour l’expérience des « colonies ». H. Lestradet et J. Besse dirigent la première colonie pour 33 jeunes, durant l’été 1953 à Gray sur mer (Calvados).

1954 : Création de la Communauté des enfants diabétiques libérés

En 1954, les familles des jeunes diabétiques de Gray sur mer se rassemblent avec leurs médecins dans la toute nouvelle « communauté des enfants diabétiques libérés » (C.E.D.L.).

1956 : Création de l'AJD

En 1956, voulant étendre l’aide, non seulement à l’organisation des vacances mais aussi à celle posée par la scolarité et l’orientation professionnelle, médecins et familles fondent l’association «L’Aide aux Jeunes diabétiques » (AJD).

Une volonté rappelant fortement la définition contemporaine de l’éducation thérapeutique qui englobe “l’apprentissage des compétences décisionnelles, techniques et sociales dont le but est de rendre le patient capable de raisonner, de faire des choix de santé, de réaliser ses propres projets”.

Parallèlement à la prise en charge sociale des enfants, l’association des médecins et des familles au sein de l’AJD a permis de « protéger » le nouveau concept médical qui était celui de l’alimentation normale et des doses adaptées d’insuline, opposé au régime hypo-glucidique, hyper-lipidique et des doses fixes d’insuline.

A une époque où toute modification conceptuelle du traitement était source de polémique, médecins et familles qui ont choisi de vivre autrement avec leurs enfants ont renforcé l’écoute bilatérale au sein de l’association. Depuis 1956, l’intérêt de l’organisation des séjours remboursés par la sécurité sociale, dans le cadre des maisons d’enfants à caractère sanitaire (MECS) d’abord puis celui des soins de suite et de réadaptation (SSR-Pédiatrique), n’a jamais été démenti. Plusieurs dizaines de milliers d’enfants et plusieurs milliers de soignants et éducateurs ont participé à l’amélioration des soins et de l’éducation thérapeutique des jeunes. Nombre de soignants se sont formés pendant ces séjours.

1956 : Le Bulletin d'Information de l'AJD

Au sein de l’AJD, la culture de l’éducation évolue, au même titre que les publications qui l’accompagnent. Des publications qui, chacune à leur manière, expriment une compétence utile pour l’éducation.

Dès la première année, le bulletin trimestriel de l’AJD composé d’articles de médecine, essentiellement écrits par H. Lestradet, martèle les concepts thérapeutiques tant à l’intention des familles que des soignants. Les rappels des expériences et des vécus des jeunes pendant les séjours en maisons sanitaires sont autant de récits écrits et chantés qui montrent que le traitement est possible et que l’expérience tant individuelle que collective favorise l’autonomie et donc le mieux-être.

1966 : Reconnaissance d'utilité publique

Les ministères de l’intérieur et de la santé, reconnaissaient pour l’association, son caractère particulièrement utile pour le public ciblé. Ce qui apporta à l’association reconnaissance, tout en lui permettant de recevoir des dons et des legs nécessaires pour amplifier ses actions médicales et sociales.

1976: Création de la section recherche de l’AJD

A l’initiative des membres du conseil d’administration, dans le but de financer des projets de recherche et en particulier d’intéresser les jeunes chercheurs à la recherche sur le diabète.

1983 : Les dossiers du Club National Médical de l’AJD

Au début des années 1980, le Club National Médical de l’AJD est créé à l’initiative du Dr Jehan-François Desjeux pour écrire ensemble les Dossiers de l’AJD.

A partir de 1983, chaque Bulletin d’Information de l’AJD paraît avec un document central destiné à donner une information particulière sur un sujet d’intérêt dans le diabète de l’enfant.

Trente-trois Cahiers et Dossiers rédigés par quelques médecins de l’AJD et publiés de 1983 à 1993 constituent une abondante base de connaissances théoriques et pratiques. Ces connaissances issues de l’expertise pédiatrique seront progressivement prises en compte et adoptées par les diabétologues d’adultes donnant du sens à la prise en charge de la transition (passage de l’adolescent à l’adulte).

1985 : Création de la première Association de Familles (ex Club des Familles)

Le Club des Familles du Finistère se réunit pour la première fois en octobre 1985, avec la participation du docteur Hervé Gouedard. Le but était de créer du lien entre les familles afin de rompre l’isolement, et de transmettre de l’information, par exemple dans les pharmacies.

1986 : Création de la Commission Pédagogique

La Commission Pédagogique de l’AJD est créée en 1986 pour mettre en commun les expériences, réaliser des documents de référence pour aider les équipes médicales à faire l’éducation et mettre à la disposition des jeunes, des familles et des soignants les documents utiles à leur éducation et leur information.

De nombreuses équipes soignantes ont contribué à élaborer, sous l’impulsion et la direction du Professeur Jean-Jacques Robert, les Cahiers de l’AJD, particulièrement utiles pour l’éducation au début du diabète. Les Dossiers de l’AJD, écrits pour l’approfondissement de l’éducation et pour l’information, publiés depuis 2003. Les Séquences Pédagogiques de l’AJD, utilisées pour l’éducation de groupe. La présentation ludique des publications de l’AJD due à Marthe Vias, a contribué à leur large diffusion.

Aujourd’hui, les Cahiers de l’AJD sont devenus la référence dans les services de pédiatrie et les séjours médico-éducatifs de l’AJD, contribuant à harmoniser les pratiques au niveau national.

1986 : Premier séjour Parent enfant

La prise en charge par la sécurité sociale des séjours Parents-Enfants témoigne de l’intérêt de la formation des parents en particulier pour les plus petits. Période dès laquelle l’incidence du diabète chez les plus jeunes commençait son ascension. Cette période a été aussi celle de toutes les restructurations, des formalisations et des développements des séjours de soins et d’éducation thérapeutique, sous l’impulsion et la direction du Docteur Michel Cahané.

1987 : Première réunion scientifique

Elle est organisée le 3 octobre 1987 à la Faculté de Médecine de Lariboisière Saint-Louis, à Paris, sous l’égide du Professeur Henri Lestradet. Au programme : physiologie de l’hypoglycémie, la génétique dans le diabète de type 1, la pharmacocinétique de l’insuline, la pompe à insuline chez l’enfant, le capteur de glucose, la présentation d’un programme d’éducation…. que des sujets qui sont toujours d’actualité.

2012 : Création du Conseil des Familles

Le projet associatif de l’AJD revisité en 2012 prévoit la constitution d’un Conseil des familles, qui est créé en octobre 2012. Il regroupe des représentants des Associations de Familles de l’AJD, qui sont à l’écoute des familles et proposent des orientations  au Conseil d’Administration de l’AJD.

2013: Création du Conseil Educatif et Médical

Le Conseil Educatif et Médical est composé de soignants, de patients et de parents d’enfants. Il propose et valide les orientations médicales de l’AJD en fonction des progrès scientifiques et médicaux, de l’évolution sociale. Il dirige les travaux de la commission pédagogique.