« Je m’appelle Arnaud. J’ai 25 ans. J’ai un diabète de type 1 depuis 15 ans. J’adore voyager. J’ai eu l’opportunité de faire le tour du monde, parfois dans des coins reculés sans que mon diabète ne soit un frein. Une bonne organisation et une connaissance de soi sont les clés de la réussite pour un voyage sans problème. Cette maladie, souvent mal vécue ou vue comme un « handicap », est au contraire pour moi une véritable force et un atout. Elle m’a permis de me surpasser et d’acquérir rapidement une certaine maturité. Ma  philosophie est le « dépassement de soi », il faut vivre avec son diabète et non vivre pour le diabète. Osez vivre vos rêves ! ».

 

Avec un diabète, tu peux voyager en France et dans le monde entier. Il y a simplement quelques précautions à prendre.

COMMENT BIEN PRÉPARER TON VOYAGE ?
Un des premières choses à faire est de prévoir une consultation médicale avec ton diabétologue pour échanger sur toutes tes interrogations et trouver la meilleure façon de gérer ton traitement en fonction de ton projet. Ensuite, tu pourras te pencher sur la partie préparation.

 

Voici une check-list sur le matériel qui pourra t’aider à y voir plus clair (à adapter en fonction de ton traitement) :

 

  • Insulines : flacons et seringues ou cartouches et/ou stylo pré-remplis
  • Stylos rechargeables, aiguilles
  • Lecteur de glycémie (+ piles ou chargeur)
  • Capteurs flash monitoring
  • Bandelettes pour glycémie
  • Lecteur de cétonémie et bandelettes (+ piles ou chargeur) ou bandelettes pour analyse d’urine
  • Stylos auto-piqueurs, lancettes
  • 2ème pompe, cathéters, réservoirs, piles, patchs anesthésiants
  • Capteurs enregistrement continu du glucose
  • Kit glucagon
  • Désinfectant, coton
  • Pochette isotherme (pour conserver l’insuline et le glucagon selon la température extérieure prévue)
  • Collecteur de déchets
  • Carnet de traitement
  • Carte « J’ai un diabète»
  • Sucre en morceaux et collations
  • Encas pour un (ou plusieurs) repas supplémentaire(s)
  • En cas d’utilisation d’un chargeur, vérifie s’il y a besoin d’un adaptateur pour pouvoir le brancher sur les prises du pays

Si tu pars à l’étranger, tu peux calculer la quantité de matériel nécessaire pour la durée du séjour et prévoir 30 à 50 % de matériel en plus en fonction de la destination.

 

Attention :

Si vous décidez de ne pas partir avec tout votre matériel, vous devez demander l’accord de remboursement du Médecin Conseil National de la CPAM avant le départ pour vos dépenses liées au DT1 engagées à l’étranger (consultations et achat de matériel).

Sans cet accord, le « caractère inopiné » des frais liés à votre maladie pourra être mis en avant par la CPAM sans possibilité de recours, vu que vous aviez connaissance de votre maladie avant le départ.

 

À retenir : en Europe la concentration d’insuline est de 100 U/ml. Dans certains pays, la concentration de l’insuline peut être différente (se renseigner à l’avance).

 

NOS TIPS :

  • Répartis ton matériel dans 2 bagages, en cas de perte ou de vol.
  • Si tu voyages en avion, garde les insulines et le glucagon en bagage cabine et prévois du matériel pour 3-4 jours en cas de retard de livraison des bagages.
  • Si tu as l’habitude d’avoir le mal des transports (bateau ou voiture), demande un traitement préventif à ton médecin et vérifie plus souvent ta glycémie.
  • Ais toujours sur toi du sucre ou équivalents pour traiter les hypoglycémies, des collations (en cas de retard dans les transports).

 

Check-list : les papiers

 

  • Ordonnance habituelle
  • Ordonnance avec nom pharmaceutique des insulines
  • Certificat médical pour transporter le matériel médical (anglais ou langue du pays)
  • Carte vitale ou carte Européenne ou certificat d’assurance
  • Adresse d’un centre médical et derniers courriers du diabétologue
  • Schéma de remplacement pour la pompe
  • Débit de base et données de l’assistant bolus notés sur un carnet ou pris en photo
  • Assurance rapatriement
  • Coordonnées de l’Ambassade
  • Coordonnées du centre de diabétologie local
  • Passeport
  • Billets de train, ou d’avion

 

Insuline : injections et variation de température

 

Les horaires des injections et des repas seront planifiés lors de ta consultation médicale en fonction de l’heure de départ, des modalités de transport, de la durée du voyage et d’un éventuel décalage horaire.

Habituellement, l’insuline non utilisée est conservée au réfrigérateur  (+4°), celle en cours d’utilisation peut être conservée à température ambiante (jusqu’à 25°) pendant un mois. Le glucagon peut être conservé au réfrigérateur (jusqu’à la date de péremption) ou à température ambiante (pendant 18 mois).

L’insuline et le glucagon n’aiment pas les variations de températures. À ton retour, on te conseille de les remplacer.

DÉCALAGE HORAIRE

Un voyage avec un décalage horaire supérieur à 3 heures nécessite une réflexion sur l’adaptation des horaires d’injection d’insuline lente.

Les règles de base

  • Le corps a toujours besoin d’insuline, même entre les repas.
  • Pour éviter toute période sans insuline, on doit bien connaître les durées d’action des insulines.
  • Dans l’avion : l’insuline rapide est faite quand le repas est servi en fonction des glucides et des glycémies. (Il est possible de demander à être servi à un autre moment et il n’est pas nécessaire de demander un repas spécial diabète).

 

En pratique :

 

  • Pendant le voyage : garder la pompe et le lecteur à l’heure du pays de départ et faire les bolus nécessaires en fonction des repas et des glycémies si traitement par pompe à insuline / Laisser la montre à l’heure du pays de départ pendant toute la durée du voyage y compris avec escale si traitement par injections.
  • À l’arrivée dans le pays : régler l’heure de la pompe ou de la montre à l’heure locale du pays.

 

La modification du traitement par l’insuline a pour but de vivre à l’heure locale dès l’arrivée et de faire facilement le traitement.

 

Spécificités du traitement par injections

Avant le départ : calculer l’heure de l’injection d’insuline lente ou semi-lente en heure locale par rapport à l’heure de départ.

Plusieurs cas de figure sont possibles en fonction :
– de la durée du trajet,
– du décalage horaire,
– du voyage (vers l’est : on avance dans le temps, vers  l’ouest : on recule dans le temps),
– de la durée des escales,
– de l’heure d’arrivée,
– du schéma de traitement.

 

Exemple d’un voyage vers l’ouest avec un décalage de – de 6 heures (New-York, Montréal) :

 

Schéma de traitement :

– Analogue rapide matin, midi, soir

– Analogue lent 1 fois par jour le soir

 

  • L’injection d’insuline lente à 19h, heure française correspond à une injection à 13h, heure locale.
  • La veille du départ, l’insuline lente est faite à l’heure habituelle (19h).
  • Pendant le trajet, l’injection d’insuline lente est faite à à 19h, heure française.
  • Une fois arrivé à destination :

– soit continuer à faire l’injection d’insuline lente à 19h heure française, c’est-à-dire 13h, heure locale tous les jours,
– soit faire une injection d’insuline rapide (avec repas et collation) toutes les 3 heures pour compenser le manque d’insuline lente et reprendre le rythme habituel de l’injection tous les jours à 19h, heure locale.

  • Les injections d’insuline rapide habituelles sont faites au moment des repas et des collations.

 

Exemple d’un voyage vers l’est avec un décalage de + de 6 heures (Pékin) :

 

Schéma de traitement :

– Analogue rapide matin, midi, soir

– Insuline lente le soir

 

La durée d’action de cette insuline permet un décalage dans les horaires d’injection pouvant aller jusqu’à 12h plus tard. Il est nécessaire de faire attention à garder un intervalle de temps d’au moins 8h entre 2 injections.
  • À 19h, heure française, il sera 1h, heure locale.
    Une fois arrivé à destination, faire une injection d’insuline lente à 8h, heure locale puis :
    – soit garder cet horaire local pendant la durée du séjour,
    – soit faire une injection d’insuline lente à 19h, heure locale et garder cet horaire pendant la durée
    du séjour.
  • Les injections d’insuline rapide sont faites au moment des repas en heure locale.

 

PROBLÈMES PRATIQUES

 

L’embarquement à l’heure d’une injection :

  • Si l’embarquement se fait à l’heure du repas, celui-ci ne peut pas être pris à l’heure habituelle :
    – retarder l’injection d’insuline rapide (ou bolus) à l’heure du repas dans l’avion,
    – l’injection d’insuline lente (Glargine, Détémir ou Dégludec) est faite à l’heure habituelle, le
    jour du départ (adapter l’horaire en décalant d’une heure si nécessaire).
  • Si habituellement, il n’y a pas d’injection à midi :
    – soit diminuer la dose d’insuline semi lente du matin de 25 à 30% pour éviter le risque d’hypoglycémie et faire une injection d’insuline rapide à l’heure du repas dans l’avion,
    – soit manger une collation à l’heure du déjeuner avant d’embarquer.

 

L’heure inhabituelle des repas servis dans l’avion :

  • Faire des suppléments d’insuline rapide (ou bolus avec la pompe) en adaptant la dose à la quantité de
    glucides et à la glycémie.
  • Les injections doivent être espacées d’au moins 3 heures, pour éviter le risque d’hypoglycémie.
  • Avec la pompe, tenir compte de l’insuline active pour adapter le bolus.

 

La dose d’insuline avant le premier repas dans le pays d’arrivée :

 

  • Pour l’insuline rapide : la dose dépend de l’appétit et de l’activité prévue.
  • Pour l’insuline lente (matin ou soir) : faire la dose habituelle. L’horaire est décidé en fonction du déroulement du voyage.

 

En cas de voyage prolongé :

 

  • La délivrance des insulines et du matériel est limitée à 28 jours en France. Mais il existe une procédure dérogatoire pour les séjours prolongés hors de France (métropole et DOM) : parles-en en avance avec ton médecin !
  • Ton médecin doit mentionner sur l’ordonnance : « Accord sur la délivrance d’une quantité de traitement en une seule fois dans le cadre d’un départ à l’étranger ».
  • Demander une prise en charge auprès du service médical de ton assurance maladie.
  • Se renseigner avant le départ sur les possibilités d’approvisionnement de matériel et d’insuline localement.
  • Ou bien prévoir de se faire réapprovisionner par des amis ou de la famille qui viendraient vous rendre visite.

 

Comment reconnaître et quantifier les glucides dans certains plats ?

 

Il est parfois difficile de repérer si le plat local contient des glucides ou non et en quelle quantité. Dans ce cas là, il est important de choisir la carte « prudence » :

 

  • faire une glycémie avant de manger,
  • ne pas faire d’injection d’insuline rapide (ou de bolus), en dehors d’une correction d’une éventuelle hyperglycémie,
  • faire une glycémie 2 heures après le repas,
  • si la glycémie est élevée, faire une correction (ne pas faire la dose complète du repas),
  • lors de la prochaine dégustation de ce plat, il conviendra d’utiliser l’expérience acquise.